2 janvier 2009

Brésil - Florianopolis (6 - 26.12)

Sans avertissement, on débarque donc une semaine en avance à Florianopolis au Brésil, chez Bengt et Anelyse, histoire de faire une surprise au Daddy cool de Sara! On a tellement bien réussi notre coup, avec la complicité d'Anelyse, qu'il a bien failli faire une attaque en nous voyant apparaître sur la pointe des pieds au seuil de sa chambre☺.

Enfin les "vraies" vacances commencent... Et oui!! Après bientôt une année de vagabondage, se poser plusieurs semaines au même endroit, ça nous fait tout bizarre! Plus besoin de chercher un toit, on a une chambre pour nous avec un lit confortable et inhabité, notre propre salle de bain... et surtout, des armoires pour ranger nos habits roulés en boule au fond de nos sacs à dos... Que du bonheur!!!

Mais au fait, Florianopolis c'est où? Demandez aux Argentins, c'est leur 2ème maison: en effet 50% des touristes de la région sont Argentins. Située entre Porto Alegre et Sao Paulo au sud du Brésil, la ville est à cheval sur le continent et l'île de Santa Catarina. En quelques clics de souris, vous pouvez même visualiser notre quartier de résidence dans le centre pendant 2 semaines et demi au moyen des coordonnées suivantes sur Google Earth: 27 35 22.06 S, 48 32 53.43 W. Un fameux pont relie les 2 parties de la ville, le pont Hercilio Luz d'une longueur de 819 m., ce qui en fait l'un des plus grands ponts suspendus au monde. Pas loin de chez nous se trouve la vieille ville avec de beaux bâtiments d'époque, un marché couvert où on trouve tout et n'importe quoi, la foirefouille version brésilienne...




“Floripa” pour les intimes, bien que moins connue que Rio de Janeiro ou Salvador de Bahia, est en passe de devenir un haut lieu touristique grâce à la quarantaine de plages dispersées sur l'île de Santa Catarina, accessibles en quelques minutes depuis le centre-ville. Il y en a pour tous les goûts: bordées de bâtiments avec bars et restos ou encore à l'état sauvage avec villages de pêcheurs en arrière fond... On y trouve quelques uns des meilleurs spots mondiaux de surf (pas besoin de préciser que Sylvain n'osera pas retenter l'expérience... à cause de l'eau froide bien entendu) et le sand-board est aussi à la mode sur les gigantesques dunes de la plage Joaquina (on n'a pas testé mais apparemment ça glisse mieux qu'à San Pedro d'Atacama).




Cette région du Brésil nous étant inconnue, on se fait de bonnes journées sightseeing sur les routes de l'île, souvent ponctuées par un bon repas à base de poissons, crustacés ou churrascaria. Tellement bon qu'on s'est laissé convaincre de goûter des huîtres pour la première fois chez Ostradamus, mais à la mode suisse svp = gratinées au fromage, oui oui, c'est véridique! Les puristes ne vont pas apprécier...

Le temps passe trop vite, l'heure du grand retour a bientôt sonné...snif snif. Fini nos petites séances de marche/course chaque matin sur Beira Mar, va falloir sérieusement penser à ranger le short et sortir la pelle à neige! Notre séjour finira de la plus belle des manières, en fêtant Noël et l'anniversaire d'Anelyse.



Un dernier couac tout de même le soir précédant notre départ: au moment d'imprimer nos billets électroniques de retour, on apprend que notre premier vol d'une longue série est annulé!!! N'ayant pas intérêt à louper une connexion, on fonce à l'aéroport où on réussit de justesse à s'enregistrer sur un vol le soir-même, sur le coup d'1h du matin. A ce moment, notre voyage de retour passe donc de 33 à 40h! Youhouhou!!! Le problème réglé, retour en 4ème vitesse à la maison, impossible de partir sans avoir goûté au fameux chili con carne de Bengt qui a mijoté tout l'après-midi!!!☺

21 décembre 2008

Argentine - Buenos Aires (1 - 6.12)

Arrivée matinale dans la capitale de l'Argentine après notre dernier "night bus tour" de 12h. La ville nous semble gigantesque à première vue... les chiffres parlent pour nous: 3 millions d'habitants, 13 avec ses banlieues. Le centre est divisé en quartiers ayant chacun sa propre atmosphère qu'on découvrira à notre rythme durant nos 5 jours sur place, juste le temps de se fondre dans l'ambiance de la ville la plus européenne d'Amérique du Sud.
On commence évidemment par une séance shopping nécessaire après plusieurs mois d'abstinence! Quel bonheur! Puis découverte les jours suivants des sites "à ne pas manquer".
La Plaza de Mayo entourée de la principale cathédrale de la ville ainsi que de la Casa Rosada (bureaux de la présidence), rendue célèbre par le couple Peron qui s'adressait au peuple depuis ses balcons.

Puerto Madero, ancien port reconverti en quartier design avec ses lofts et restaurants longeant le canal.. et un pont magnifique qui porte un nom magnifique: Puente de la Mujer !

Le cimetière de la Recoleta, mini-ville dans la ville, avec ses stars six feet under, dont la célèbre Eva Peron.



Et pour terminer, les quartiers de San Telmo et La Boca où le tango est roi...




Mais quand on a la fièvre du voyage, comment ne pas aller faire un tour en Uruguay qui se trouve de l'autre côté du rio de la Plata, en à peine 3h de bateau!? Et surtout que ça nous fera un stämpel de plus dans le passeport!! Notre destination d'un jour ? Colonia, une petite ville coloniale très appréciée des Argentins en été, dont le quartier historique est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Une bonne bouffée d'air et de tranquilité hors du brouhaha de Buenos Aires.


Petit havre de paix tout de même en plein centre de Buenos Aires: notre B&B Yira Yira où on passera quelques soirées avec Paz, la gérante, à papoter en espagnol dans son patio. Mais voilà qu'à peine maîtrisée la langue de Lopez que nous devons nous mettre au portugais! Meu deus do céu, Brésil, nous voilà... une semaine en avance sur notre programme !!!

16 décembre 2008

Argentine - Salta/Mendoza (25 - 30.11)

Fini le Chili! Après avoir traversé des paysages désertiques grandioses, nous voilà arrivés à Salta en Argentine, plus grande ville du nord-ouest argentin, avec ses presque 500'000 habitants. Magnifique architecture coloniale... la mieux préservée d'Argentine, ouais ouais ouais. Ceci lui vaut d'ailleurs le surnom de "Salta la Linda" (Salta la Belle) !!

On profite de se balader dans les rues de la ville... vides! Eh oui, on ne s'est pas encore fait à l'horaire argentin et ses interminables siestes de l'après-midi !!! Du coup, on squatte les cafés ayant une connection WI-FI histoire d'avancer un peu dans notre blog... Faut pas croire qu'il se fait tout seul... C'est du boulot! Un petit air de vacances tout de même, avec terrasses, soleil et chaleur!

Seulement 2 nuits à Salta, mais on ne loupera pas la traditionnelle parillada (grillades de viandes) à l'auberge de jeunesse. Une institution en Argentine! Cette soirée est l'occasion de bien manger et de rencontrer d'autres voyageurs comme nous (dont Michi et Tanya de Lucerne... décidemment encore des Suisses) ou de faire plus ample connaissance avec les responsables de l'hostel.

Ces grillades seront aussi l'occasion de nous donner quelques forces pour affronter notre plus long trajet en bus depuis le début du voyage: 1'230km en 19 heures non stop!!! Tout ça pour faire ce petit bout sur la carte et rejoindre Mendoza, ville qu'on n'a presque pas besoin de présenter tellement elle est réputée pour ses vins!!! Il faut dire que ça fait longtemps qu'on n'a pas eu l'occasion de déguster une bonne bouteille...c'est pas que le vin Bolivien ne nous plaisait pas, mais bon....

Histoire de nous donner l'impression que le temps passe vite, on a droit à toutes sortes de distractions dans le bus: films, repas, mais surtout le jeu du BINGO (loto). Petit rappel pour ceux qui ne suivraient pas, la première fois qu'on y avait joué en Nouvelle Calédonie, c'est Sylvain qui avait gagné!! On se laisse prendre au jeu et cette fois c'est Sara qui remporte le gros lot: une bouteille de vin argentin!! Enfin, réflexion faite, cela ressemblait plutôt à du vinaigre, ça ira très bien pour cuisiner...

Sitôt arrrivés, pas besoin de préciser qu'on fonce visiter les vignobles, confortablement installés sur les selles de notre tandem... oui oui on a osé louer un tandem!! Le temps de s'habituer à l'engin et hop on part à la découverte de quelques propriétés viticoles, ainsi que d'une fabrique d'huile d'olive et d'un domaine de production de liqueurs de fruits, de chocolats, tapenades et marmelades de toutes sortes. Mmmm... que de bonnes choses!

Quelques verrres de Malbec plus tard, on se retrouve à nouveau assis dans un bus pour traverser l'Argentine horizontalement jusqu'à Buenos Aires, dernière halte avant de nous envoler pour le Brésil.

9 décembre 2008

Chili - San Pedro de Atacama (22 - 25.11)

On s'octroie quelques jours de repos bien mérités à San Pedro de Atacama, petit village touristique (ce n'est que le prénom!!) chilien de 4'900 âmes, connu pour être situé au milieu du désert d'Atacama, qui serait le désert le plus sec du monde!!! L'absence de nuages et de lumières citadines en font d'ailleurs une des régions les plus propices à l'observation des astres!!!
Plein de belles choses à visiter dans le coin aussi : des geisers (encore), un salar (encore), des lagunes (encore), la Vallée de la Lune, etc... Pour être honnêtes, tout ça donne envie, mais après presque 11 mois de voyage, on ne rêve que d'une chose: se poser un peu!! D'autant plus qu'on a déjà vu un salar, des geisers et des flamants en Bolivie. Eh oui, on fait les blazés!!!

Notre seule "activité" pendant nos 3 jours sur place sera une expédition à vélo dans la Vallée de la Muerte, sand-board sur le dos, pour dévaler des dunes de 150 mètres de haut... Imaginez le contexte: il fait une chaleur torride, l'air est plutôt sec (légère impression d'avoir un chat dans la gorge), l'effort difficile... Après 30 minutes de VTT, au moment de grimper sur la dune, Sara abandonne à mi-chemin et essaie de redescendre debout sur la planche... mais décidemment ça ne glisse pas tellement! Sylvain de son côté, brave et fier, lutte contre la chaleur et la fatigue et finit par escalader jusqu'au sommet l'immense dune! Chapeau bas le surfeur! Il faut dire que la vue de là-haut est spécialement impressionnante!
Par contre la descente ne sera pas plus concluante que celle de Sara... Il finira à pied, beau énervé!

Alors qu'on était parti pour pédaler jusqu'à la Vallée de la Lune qui prend une coloration particulièrement belle au coucher du soleil, on décide de rentrer au bercail pour un bon apéro. Il fait beaucoup trop chaud!! Le choix entre se délecter d'un bon verre de vin blanc frais ou se brûler les plumes est vite fait... enfin, pour nous!
C'est pas tout ça, mais le 25 novembre, 10h du mat', on est de piquet pour attendre le bus qui nous emmènera en Argentine jusqu'à la ville de Salta. 12h de trajet... on commence à avoir l'habitude!! En route, on découvrira encore de beaux paysages en quittant le Chili pour la dernière fois... bien content d'avoir un peu de clim'!

Sitôt passée la frontière avec l'Argentine, les Andes se transforment en un décor digne d'un western spaghetti, puis progressivement en canyons et pour finir, la Quebrada de Humahuaca, avec sa colline aux 7 couleurs!

4 décembre 2008

Bolivie - Salar de Uyuni et Los Lipez (17 - 22.11)

Remis tout doucement de nos émotions après la visite des mines de Potosi, on prend des billets de bus pour Tupiza, au sud, d’où on prévoit de faire un tour guidé dans la région de Los Lipez et du Salar d’Uyuni, plus grande réserve de sel au monde.
A 7h du mat, lundi matin, on est aux aguets à la gare routière de Potosi, terminal numéro 10, qui reste désespérément vide… Tellement vide, qu'au bout d’un moment d’attente interminable, on se demande où est notre bus pour Tupiza. Et devinez quoi ?? Ben il ne viendra pas, car le nombre de passagers pour cette course était trop faible ! Eh bien tiens, à la bonne heure !!! Et alors nous, qu’est-ce qu’on devient ??? Finalement, on sera transféré dans un bus d’une autre compagnie (sans compensation, alors que le nouveau est un tas de rouille!!!) qui partira environ 1h plus tard...
Après 6h et quelques de trajet sur une route cahoteuse, nous voici enfin arrivés à Tupiza, jolie petite ville entourée de roches rouges. Digne du Centre australien. The petit problem is que les prix pour un tour dans le Salar sont hors de portée de notre petite bourse. Il vaut mieux nous organiser directement depuis la ville d’Uyuni, où la concurrence a fait baisser les prix. Ni une ni deux, on saute cette fois non pas dans un bus mais dans le train qui relie Tupiza à Uyuni en 6h… on s’offre même le luxe de voyager en classe exécutive, avec ABBA en fond sonore !!!

Enfin à 1h du matin, on arrive à Uyuni, qui ressemble à s’y méprendre, de nuit, à une ville perdue au milieu d’une steppe russe ! Pas un chat dehors pour affronter le vent glacial !
Après une bonne nuit de repos, départ pour organiser notre tour dans le fameux Salar. Notre projet est de passer 4 jours dans le Salar de Uyuni et la région Los Lipez, avant de rejoindre le Chili le dernier jour, à San Pedro de Atacama. Heureusement, David et Crystel, passés par là quelques semaines auparavant, nous ont conseillé une agence et informé des prix en vigueur… Seulement voilà, la p’tite dame de leur agence essaie de nous rouler dans la farine. Qu’à cela ne tienne, on se laisse pas faire et une fois qu’on lui apporte la preuve que David et Crystel ont eu un meilleur prix et qu’on veut le même, elle capitule !!


Reste plus qu’à trouver 2 personnes qui accepteront de partager notre jeep durant 4 jours ! On trouve notre bonheur avec Tobby et Colette, un couple trentenaire anglais installés depuis plusieurs années en Malaysie, en voyage pour 3 mois en Amérique du Sud. Eh oui !! Une bonne bière pour fêter notre partenariat et on file se coucher pour être en forme pour les 4 prochains jours !!
J1 : Départ de bonne heure… 9h…9h30… 10h finalement, après avoir fait connaissance avec notre guide-chauffeur et sa petite famille. Sa femme sera notre cuisinière et William, leur petit bout de 2 ans, notre mascotte !! Début de la visite par le cimetière des premières locomotives à vapeur de Bolivie. Arrêt ensuite à Colchani, petit village en bordure du salar dédié à l’extraction et au séchage du sel… On a même droit à un petit exposé sur les étapes de fabrication d’un kg de sel de table !!




Puis vient le moment tant attendu : poser le pied sur le salar, une étendue immense, d’un blanc éclatant. Port de lunettes de soleil impératif sous peine de se transformer en Gilbert Montagné!! Et il est déjà l’heure de casser la croûte près d’un musée en sel ! Après le repas, on roule dans ce désert de "neige", puis soudain notre chauffeur fait une drôle de tête, il ralentit… Eh oui, pas de bol, on a crevé !! Pas grave, il nous répare ça très vite… juste le temps que nous immortalisions cet instant de manière insolite !




Et on repart de plus belle jusqu’au volcan Tunupa qui culmine quand même à 5’432m. Visite d’une étrange grotte contenant des momies… brrr… puis on monte jusqu’au mirador du volcan d’où la vue sur le cratère effondré et le salar est impressionnante. Avant la tombée du jour, on redescend sur le salar, histoire de jouer un moment avec nos ombres, le temps que le soleil se couche… Aussi à classer dans le top 10!!!

J2 : Après un dodo dans un hôtel de sel (eh oui, des murs et des lits en briques de sel !!), on se lève de trèèèès bonne heure pour ne pas louper le lever du soleil cette fois ! Moment magique, seuls au milieu du sel ! On a même le privilège de prendre le petit déj dans ce décor (merci à David et Crystel pour la suggestion, ça vaut vraiment la peine !).



On ne tarde pas trop quand même, car il fait un peu frisquet et on a les moustaches qui frisent. Cap ensuite sur l’Isla del Pescado, une île au beau milieu de cette mer de sel qui habrite d’immenses cactus (parmi les plus grands du monde !!) et quelques viscaches, des sortes de lapins à longue queue.


On consacre l’après-midi à quelques balades sur les îles et c’est déjà le moment de quitter le salar pour rejoindre le village de San Juan, où on redort dans un hôtel de sel. Bonne soirée cartes à jouer au Yanoff avec Tobby, Colette et 4 suisses-allemands…

J3 : Départ pour Los Lipez, la route qui va du Salar à la Laguna Colorada. C’est au tour du désert de nous montrer quelques unes de ses facettes : le volcan semi-actif de Ollagüe, de grosses formations de lave asséchée, puis des lagunes remplies de flamants roses… l’Arbol de Piedra et enfin la Laguna Colorada qui doit sa couleur rouge à des algues et planctons riches en minéraux. Dernière nuit près de ce lac aux couleurs pourpres. Et qui dit dernière nuit, dit dernière soirée avec Tobby et Colette… arrosée !!


J4 : Réveil à 4h30 !!! Oui, vous avez bien lu 4h30, du matin !! On fonce au champ de geisers de Sol de Manana, plus actifs en cette heure matinale. Légère impression que revivre la région de Taupo et Rotorua en Nouvelle-Zélande… Puis Sylvain et Tobby piquent une tête dans les eaux thermales de Polques. Colette et Sara n’ont pas le courage de se changer dans le froid et surtout de plonger au milieu des dizaines de touristes qui ont déjà pris les lieux d’assaût ! Un dernier tour en jeep nous mènera à la Laguna Verde (très très toxique celle-ci) avec le volcan Licancabur en arrière fond, via le désert de roches de Dali… Puis il est temps de rejoindre la frontière, de quitter notre sympathique guide et sa famille, pour partir en direction de San Pedro de Atacama, au Chili, après 4 jours intenses dans le sud–ouest bolivien !

3 décembre 2008

Bolivie - Sucre et Potosi (14 - 16.11)

Adios les Chicos, nos routes se séparent pour de bon cette fois, vous chez les Aztèques et nous direction le sud, non pas celui de Ferré, mais celui de la Bolivie ! Dernière p’tite soirée arrosée en jouant à des jeux dont seule Crystel a le secret… et… et voilà c’est fini ! Encore une fois un plaisir de faire un p’tit bout de voyage ensemble et bien rigolé ! See you in Geneva, we hope !

Vous l’aurez compris, on quitte la Paz et les cô-pains pour un voyage formidable de nuit, aux frontières du réel, tout ça pour aller à Sucre, ville blanche, où le pouvoir judiciaire de la Bolivie a ses bureaux. Un jour et une nuit, le temps de visiter le musée de l'art indigène (sur les tissages des cultures locales) et on reprend la route pour Potosi et ses mines autrefois fameuses.

Incroyable mais vrai, Potosi, la ville la plus haute du monde avec ses 4’070m d’altitude, fut une des villes les plus peuplées au monde durant le 16ème, loin devant Paris et Londres… Difficile de le croire, car à présent, cette ville n’est plus que le fantôme de ce qu’elle fut, bien qu’elle garde quelques vestiges coloniaux et un magnifique musée (Casa Real de la Moneda) !

Son mont riche (Cerro Rico) a été vidé de son tout son mineret d’argent et bon nombre de ses habitants ont déserté ou alors se sont tués à la tâche. Pas loin de 8 millions de mineurs sont morts ici, esclaves boliviens, africains… Les espagnols ont pillé ce mont jusqu’à la dernière, permettant ainsi de créer les bases du capitalisme en Europe !! La ville conserve actuellement une forte identité, particulièrement grâce aux mineurs, fiers, qui continuent de creuser la montagne, afin d’extraire d’autre minéraux, tels que le zinc et l’étain… La ville est inscrite au Patrimoine mondial de l'Unesco en raison de son histoire et de son architecture.


Venus jusqu’ici, on décide d’aller visiter les mines en compagnie d'un ancien mineur ayant passé 7 ans de sa vie sous terre. Auparavant, petit arrêt au marché où on trouve de quoi préparer en 2 temps 3 mouvements de la dynamite maison et un sachet de feuilles de coca pour les mineurs…


On ressortira moite de notre visite. Moins de 2h passées dans les galeries souterraines nous auront permis de nous rendre compte du travail inhumain des mineurs : chaleur étouffante, air irrespirable en raison des gaz toxiques. Dire qu’à l’époque, certains passaient plus de 4 mois sans entrevoir la lumière du soleil !

Potosi restera sans doute une de nos expérience les plus bouleversantes, intensives ! Qu’une chose à dire, soyons contents de travailler dans nos bureaux climatisés. Maintenant, on a bien saisi ce que veut dire l'expression : Aller à la mine!

1 décembre 2008

Bolivie - Copacabana/La Paz (10 - 13.11)

Nicole partie, même pas le temps de boire un café qu’on se retrouve dans un bus de nuit pour Copacabana, au bord du lac Titicaca, mais cette fois en Bolivie. On aurait aimé aller passer une nuit sur l’Isla del Sol, berceau de divinités dont le Soleil, comme son nom l’indique. Seulement voilà, notre agenda de ministre ne nous permettra pas d’y rester… on a rdv à La Paz avec devinez qui ? David et Crystel bien sûr, nos compagnons tourdumondistes préférés ! Juste le temps de passer par hasard devant la cathé du patelin, devant laquelle ont lieu des bénédictions de véhicules de toutes marques et de tous genres par le prêtre, qui, paraît-il, disparaît plus vite que son ombre aussitôt les billets empochés.

Et puis hop on saute dans un nouveau bus pour se renfiler 3h de trajet jusqu’au fief d’Evo, la capitale la plus élevée du monde (3'660 m) : La Paz. L’arrivée par les hauts de la ville vous scotche dans votre siège (bien que peu confortable) : une vue imprenable sur ses milliers de maisons construites à flanc de collines. A notre avis, c’est peut être un de ses seuls attraits, mais cela n’engage que nous ! De toute façon, on peut dire ce qu’on veut, on est déjà sorti du pays au moment où on écrit ces lignes…



Arrivée chaotique, circulation dense, hôtels sans charme, pas facile tous les jours… on regrette déjà notre petite ville de Cusco. Au chapitre réjouissances, nos deux Schwitz nous rejoignent le lendemain en fin d’après-midi, in-extremis, pour réserver notre expéd en VTT sur la route la plus dangereuse du monde… The most dangerous road of the world in english !!!! Wouaahhhh

Vous l’aurez compris, on l’a fait, Veni, Vidi, Vinci ! Départ à La Cumbre à 4'760 m pour arriver tous transpirants à Yolosa à 1'100 m, le tout en moins de 4h ! Les deuxièmes plus rapides selon le guide scottish… juste derrière l'équipe Festina. Bien que glauque au vu du nombre de croix disposées au bord de la route et des statistiques annuelles de mortalité affolantes, on aura une bonne montée d’adrénaline… virage avec précipice de 600m sur votre gauche… Mais une fois arrivés en bas, faut remonter… par le même chemin svp, et en bus, presque plus effrayant que la descente ! Petit bonus quand même à notre arrivée dans la vallée, un zoo recueillant des animaux en tout genre, dont des singes malicieux, amateur de sucettes ou alors, de lacets de chaussures!






28 novembre 2008

Pérou - Vallée Sacrée & Cusco (4 - 9.11)

On s’en est mis plein la vue au Machu Picchu, mais c’en n’est pas fini avec les ruines Incas… Il nous reste à parcourir la Vallée sacrée que les Incas affectionnaient tout particulièrement grâce à son climat propice à la culture.

On débute par Ollantaytambo (l’imprononçable) où on avait posé nos sacs avant de partir à la conquête du Machu Picchu. On s'est trouvé une sympathique auberge, juste sur le quai de la gare… Là encore, les Incas ont fait des prouesses en construisant une forteresse digne de ce nom sur une colline à la sortie du village. La carrière se trouvant à 6km du site, on n’a toujours pas compris comment ces gros blocs de pierre sont parvenus là-haut. Des milliers d’esclaves sans doute… et quelques feuilles de coca ont sûrement dû aider…










Puis on file à Pisac qui nous impressionne avec ses immenses terrasses construites sur deux flancs de montagne. On apprendra que ce site est bien moins fréquenté que ces cousins, dommage ou heureusement pour lui, car à nos yeux il est tout aussi impressionnant que le Machu Picchu, ok presque aussi impressionnant. Pisac c’est aussi un petit village connu pour son marché d’artisanat incroyable… on dénichera quelques petites merveilles, aie aie notre porte-monnaie en aura fait les frais ! Petite découverte gastronomique : les Empanadas, une institution au Pérou ! Cuits dans un vieux four à pain… à côté de nos chers cochons d’Inde… Eh oui, au Pérou, on les préfère rôtis dans les assiettes que dans la cage du p’tit Louis…


Dernière étape au Pérou, Cusco… on a gardé le meilleur pour la fin ! L’ancienne capitale Inca a de quoi charmer tout un chacun avec ses ruelles étroites, son style colonial, ses églises et bien sûr une Plaza de los Armas immense. Derniers tours dans les petites échoppes avant de se régaler dans notre resto coup de cœur au Pérou, La Cicciolina !!! Juste ce qu’il faut pour profiter des derniers moments avec Mum Nicole avant qu’elle ne s’envole pour la maison… les bras chargés de cadeaux ! 3 semaines ça passe trop vite.









26 novembre 2008

Pérou - Machu Picchu (2 - 3.11)

Un séjour au Pérou ne saurait être complet sans la visite de la fameuse cité inca du Machu Picchu datant du XVème siècle et qui est inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1983!! Le Machu Picchu se situe à l’est des Andes, au début de la forêt amazonienne, à une centaine de km de la ville de Cusco.

Depuis Puno, on pense rejoindre Cusco en train (un voyage dans les Andes mémorable paraît-il) puis ensuite traverser la Vallée sacrée avant d’arriver au Machu Picchu… Seulement voilà, on n’avait pas prévu qu’une manifestation dans un village proche de Cusco bloquerait tout accès terrestre à la ville… Aucun train et aucun bus ne circule pendant 10 jours… Voilà qui n’arrange pas nos affaires! Le seul moyen de rejoindre Cusco est donc par les airs! Sauve qui peut, on fonce dans une agence de la compagnie d’aviation Lan et on réussit in extremis à réserver un vol Puno-Cusco pour le dimanche 2.11.

Reste à s’assurer encore qu’on puisse prendre le train de Cusco à Aguas Calientes, village se situant au pied de la célèbre montagne… et bien non!! Deuxième bug: les trains au départ de Cusco sont tous pleins et on nous annonce une grève de la compagnie Perurail pour le mardi 4.11! C’est compliqué tout ça! Finalement, grâce à plusieurs heures sur Internet et quelques téléphones, tout s’arrange à peu près. Voici donc un résumé de notre visite éclair au Machu Picchu!!

A peine arrivés à l’aéroport de Cusco que plusieurs chauffeurs de taxi (ou pseudos-taxis) nous accostent. Ca tombe bien car on doit se rendre à la gare d’Ollantaytambo rapidement pour attraper juste juste notre train pour Aguas Calientes. Malgré les recommandations de notre cher Lonely Planet, on se décide à prendre un taxi non-officiel, car les prix des taxis officiels sont exhorbitants!!
On n'est pas très tranquille, mais le chauffeur a une bonne tête. Tout se passe bien jusqu'au moment où on se fait arrêter par la gendarmerie nationale... contrôle de routine, papiers svp! Notre conducteur n'ayant pas les autorisations nécessaires pour faire une course payée en dehors de la ville de Cusco, il nous demande de mentir au policier en prétextant que nous sommes amis. Sauf que quand Mr le gendarme nous demande notre version, on est bien décidé à ne pas lui mentir pour éviter de croupir dans une prison péruvienne... Du coup, il comprend vite l'histoire et un billet suffira pour passer l'éponge et nous laisser continuer notre route… Si ça c’est pas de la corruption!!! Bref, on arrive finalement sans autre anicroche à Ollantaytambo où on pourra prendre notre train, en début d’après-midi!!

Enfin assis dans le train, quel soulagement! 1h30 à travers la vallée, le long du fleuve Urubamba, nous permet d’atteindre Aguas Calientes, village hyper-touristique puisque c’est le dernier village avant le Machu Picchu! On approche du Graal!! Plus qu’une demi-nuit de sommeil et nous pourrons enfin voir à quoi ressemble la fameuse “vieille montagne” (machu= vieille et picchu = montagne, en langue quechua).





Lundi matin, réveil aux aurores (4h30) pour essayer d’attraper le premier bus en partance pour la cité inca, à 5h30. Arrivés encore tout endormis à 5h à l’arrêt de bus, une longue file nous attend déjà!!! C'est la larme à l'oeil qu'on verra partir les deux premiers bus, mais on réussira tout de même à grimper dans le 3ème… A 6h, on pénètre les lieux et là on est ébahi par la beauté et la grandeur du site. On croisera même quelques lamas bien matinaux…


A peine le temps d’admirer toutes ces ruines… On presse un peu le pas pour se rendre de l'autre côté de la citadelle, car on aimerait grimper en haut de la “jeune montagne”, Huayna Picchu (Waynapicchu). Située à 2’667m d’altitude, ce pain de sucre offre une vue plongeante sur la cité mais n'est accessible qu'à seulement 400 personnes par jour… On sait, ça a l’air beaucoup comme ça, mais on y arrive vite, sachant que le Machu Picchu peut recevoir jusqu’à 2000 visiteurs quotidiennement!!! Mission accomplie, nous serons les 24, 25 et 26èmes à avoir l’honneur de fouler le pic de Huayna Picchu. En 40 minutes, on avale les 300m de dénivelé… Et là, on est content d’avoir stressé Nicole, car la récompense est sans nom… tout simplement magique!! On reste de longues minutes au sommet, à admirer la vue sur le site et les montagnes environnantes.







Après ça, on prendra tout notre temps pour redescendre et flâner sur la pelouse et dans les ruelles de cette fameuse cité inca, au milieu des touristes et des lamas…



Les lamas sont désormais les seuls habitants du site depuis sa découverte par Hiram Bingham en 1911, archéologue américain venu initialement chercher un autre bastion Inca, Vilcabamba. A défaut, il fut conduit par des locaux au sommet du Machu Picchu, alors englouti sous une végétation dense suite à son abandon depuis plusieurs siècles. Bien qu’ayant été une cité prisée par les empereurs incas, dont Pachacutec qui en fut l'initiateur autour de 1440, son abandon résulte de sa situation peu pratique. Souvent qualifiée de « cité perdue » à tort, il est prouvé qu’elle fut visitée plusieurs fois lors des siècles précédents sans qu’on lui attribue une quelconque importance. Même si Bingham ne fut pas le premier à fouler son sol après les sandalettes incas, il a le mérite d’avoir su reconnaître sa valeur et la faire connaître aux yeux du monde.

23 novembre 2008

Pérou - Lac Titicaca (27.10 - 1.11)


L’opération « condor », ça c’est fait ! On réitère l’expérience du bus sur route en terre pour le retour, puis on quitte le jour même Chivay pour Puno, petite ville au bord du célèbre lac Titicaca. 5h de route pour s’y rendre, cette fois en voiture avec chauffeur privé et musique d’ambiance… El condor re-passa !

La route est sublime, avec des paysages de steppe, de lacs remplis de flamands roses, de volcans, lamas, alpagas et compagnie… On passe même un col à 4’900m, notre record ! Son petit nom c’est Patapampa. Pause photo avec des lamas sapins de noël, heureusement, on ne s’appelle pas le Cap’tain Haddock et on réussit à éviter la douche.


Puno

Ambiance tranquille à Puno où on aura la chance d’assister à des spectacles de danses traditionnelles et folkloriques hautes en couleurs. On se fera également plaisir du côté gastronomique en re-goûtant à l’alpaga et aux fameux « rocoto relleno », du poivron farci à la viande hâchée pimentée… Miam !


A 3’830m, cette ville est le point de départ idéal pour visiter le lac Titicaca et ses îles du côté péruvien. Connu pour être le lac navigable le plus haut du monde, il fait également frontière avec la Bolivie. On s’empresse d’aller au port pour acheter nos billets pour un premier tour sur le lac, direction les îles flottantes du peuple Uros. Eh oui, vous avez bien lu îles flottantes… Mais non, c’est pas le dessert … Mais qu’est-ce que c’est alors ?

Iles flottantes (Uros)

Facilement atteignables depuis Puno en moins d’une heure de bateau, ces îles artiticielles de roseaux (totora) ont été créées par les indiens Uros afin de fuir les guerriers Incas. Bien vu, fallait y penser! Bien que le peuple Uros ait disparu, ces îles continuent à être habitées par les Aymaras, ceci malgré l’humidité et des problèmes d’hygiène importants. Leur entretien demande un investissement conséquent: chaque mois, il s'agit de remplacer les roseaux pourris par une nouvelle couche. Uniques au monde, elles sont devenues un passage imanquable pour les touristes. Etrange impression lorsqu’on foule leur sol instable, ne sachant pas si c’est solide ou bien si on va passer droit au travers…



Iles Amantani & Taquile

Qui n’a jamais rêvé de passer une nuit sur le lac Titicaca ?? Nous bien sûr… Une expérience qu’on qualifiera de rustique, chez l’habitant. Reçus à bras ouverts par Maxima, un tricot à la main... impossible de rêver meilleur accueil à Amantani après 3h de bateau. Visite du logement sommaire, chacun choisit son lit, puis on a droit à une bonne soupe suive d’une sieste forcée imposée par notre hôtesse. Puis on s’en va tous ensemble sur la place du village en tentant de suivre la cadance de Maxima… ça grimpe, on a le souffle court à cette altitude ! Le souper sera tout aussi mythique. Ce sera à la lumière de la bougie qu’on dégustera encore une bonne tambouille préparée en compagnie de biquette, Fangio de son doux prénom. Puis dodo avec les poules, tout habillés, les couvertures étant sans doute également habitées…


Petit déjeûner au goût de bons et costauds pancakes puis il est déjà l’heure de dire merci et au-revoir à Maxima et de rejoindre le port pour voguer vers l’île voisine, l’île de Taquile. Moins peuplée, ses pentes en terrasse offrent de magnifique vues sur le lac Titicaca, avec une touche de paysages grecs en prime, il ne manquait que l’Ouzo !

Fait inabituel, les hommes se sont mis sérieusement au tricot par ici… tout en marchant, aiguilles à la main, ils confectionnent de curieux bonnets, ressemblant à des bonnets de nuit, devenus désormais une spécialité de Taquile.